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VARILUX…..PLUS CHER MAIS PAS MEILLEUR

glasses-1246611_640Vous devez porter des verres progressifs ? Il n’est pas nécessaire de payer au prix fort des verres de dernière génération. Ni d’acheter des Varilux d’Essilor, la marque leader du marché. C’est le principal résultat de notre étude inédite, qui met à mal le discours marketing des opticiens.

Si vous portez des verres progressifs, vous savez que cela coûte cher – et même très cher. Il faut en moyenne débourser 568 €, selon un rapport confidentiel réalisé par la société Alcimed pour le compte de la Sécurité sociale et que 60 Millions de consommateurs s’est procuré.

Mais sommes-nous condamnés à nous ruiner pour nous équiper correctement ? Pour le savoir, 60 Millions a mené une expérimentation inédite en comparant des verres progressifs haut de gamme Varilux d’Essilor (274 € par verre) à deux autres, vendus sous la marque d’un distributeur low cost et fabriqués selon nos informations par Hoya. L’un est de même niveau de gamme que le Varilux, mais vendu 100 € par verre chez cet opticien low cost ; l’autre correspond à un verre de milieu de gamme, d’une génération plus ancienne, et coûte seulement 75 € par verre chez ce même distributeur.

Bonne note pour le verre de milieu de gamme

Nous avons fait appel à 53 volontaires, déjà porteurs de verres progressifs, qui ont évalué successivement, pendant quatre semaines, les trois verres sans en connaître les références. Au terme de cet essai, 20 personnes ont choisi de conserver les verres de milieu de gamme de la marque de distributeur, 20 autres les verres haut de gamme de la même marque… et seulement 13 les verres haut de gamme d’Essilor !

Conclusion : ni Essilor, ni même les verres progressifs les plus récents (et donc les plus onéreux), ne sont incontournables pour obtenir une qualité de vision satisfaisante.

Pour que les consommateurs puissent profiter pleinement de notre démonstration, encore faut-il qu’une véritable concurrence s’exerce entre les différents fabricants. Et encore faut-il que le client soit informé sur ce qu’il achète (la catégorie du verre et le nom du fabricant, au-delà du nom commercial), afin de lui permettre de comparer les produits des différentes enseignes.

Une opacité qui gêne la comparaison des prix

Pour l’heure, le marché est tenu par un nombre très restreint de fabricants. Essilor, inventeur du verre progressif et actuel leader mondial du secteur, détiendrait avec ses filiales (notamment BBGR) entre 50 et 70 % du marché français.

Derrière ce mastodonte, les verriers Carl Zeiss et Hoya se placent en deuxième et troisième places, avec respectivement 15 et 12 % de part de marché. Quant aux verres progressifs « maison » des enseignes d’optique, à l’exception notable de Krys qui les fabrique dans sa propre usine, ils sont généralement conçus par ces mêmes fabricants (Essilor compris), qui avancent plus ou moins masqués selon les cas. Une opacité qui complique la tâche des consommateurs soucieux de comparer…

Une nouvelle génération de verres tous les deux à trois ans

La forte concentration de ce marché contribuerait-elle à maintenir les prix élevés ? « La concurrence entre les principaux producteurs apparaît limitée », juge la Cour des comptes, qui s’interroge dans son rapport 2013 sur les « stratégies anticoncurrentielles » qui pourraient bien être à l’œuvre.

Pour leur défense, les verriers répondront sans doute que la conception d’un verre progressif est onéreuse. L’opticien l’achète entre 50 et 140 €, contre 10 à 80 € pour un verre unifocal, selon l’analyse d’Alcimed. Et c’est pour les verres dernier cri que le client paie le plus cher. Or, tous les deux à trois ans environ, les fabricants mettent sur le marché une nouvelle génération – forcément meilleure que la précédente, selon eux. Notre étude prouve que ce n’est pas l’avis des porteurs de lunettes…

Pour voir plus loin

Notre étude complète sur les verres progressifs est publiée dans le numéro d’avril 2014 de 60 Millions (disponible en version papier ou numérique sur notre site web). Découvrez-en à la loupe tous les détails, et suivez nos conseils d’achat pour réduire au mieux la facture !

Source: 60 millions de consommateurs

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