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LINKY: BROUILLARD PERSISTANT AUTOUR DU NOUVEAU COMPTEUR ÉLECTRIQUE

Un an après son arrivée, Linky continue de susciter des inquiétudes et de fédérer les opposants. Premier bilan, alors que le déploiement s’accélère.

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Enedis, gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, a engagé le déploiement national des compteurs Linky depuis fin 2015. Trois millions d’entre eux devraient déjà être installés en ce début d’année 2017. Leur mise en place doit se poursuivre jusqu’en 2021, pour remplacer au total 35 millions de compteurs électriques.

Mais Linky suscite toujours des tensions. Des associations se sont dressées contre son déploiement. Car le nouveau compteur a une spécificité : il est communicant et transmet la consommation quotidienne d’un logement à un concentrateur de quartier en utilisant la technologie du courant porteur en ligne (CPL). Celle-ci, selon les opposants, fait « rayonner » le compteur et émet des ondes néfastes pour la santé. Résultat : des consommateurs, effrayés, refusent Linky.

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Refuser l’installation de Linky ?

Pour contrer cette peur, Enedis a compris qu’il fallait communiquer plus et mieux, et multiplie donc les réunions. Mais des utilisateurs continuent à nous demander comment ils peuvent éviter Linky. Or, il paraît juridiquement difficile d’empêcher le renouvellement du compteur.

Les opposants ont diffusé un modèle de sommation à faire remettre par huissier. Un ­millier était déjà parvenu à Enedis début novembre, mais sans garantie de résultat pour une procédure coûteuse. De leur côté, plusieurs dizaines de communes ont pris des arrêtés anti-Linky. Mais deux d’entre eux ont été suspendus mi-octobre.

Au-delà des aspects juridiques, y a-t-il de bonnes raisons de s’inquiéter du déploiement de Linky ? Le point sur les trois principaux griefs.

Ondes : on en sait un peu plus, mais pas encore assez

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a été saisie pour évaluer l’impact éventuel de Linky sur la santé. Son avis, rendu mi-décembre 2016, parle de « risques sanitaires peu probables ». Elle précise que « les compteurs Linky […] sont à l’origine d’une exposition comparable à celle d’autres équipements électriques déjà utilisés dans les foyers depuis de nombreuses années (télévision, chargeur d’ordinateur portable, table de cuisson à induction…) ».

L’Agence nationale des fréquences (ANFR) a également été sollicitée : cet établissement public a publié des résultats en septembre. Ils montrent des niveaux de champs électriques et magnétiques en laboratoire très au-dessous des valeurs limites réglementaires. D’autres mesures ont été réalisées dans des habitations. Les champs magnétiques y sont supérieurs, principalement face au compteur. Mais ils restent deux cents fois au-dessous de la valeur limite réglementaire.

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Indispensable de poursuivre les mesures

La publication de ces mesures constitue un pas important en matière de transparence. Il est toutefois indispensable de les poursuivre, pour en avoir davantage et dans des situations différentes. Il serait par ailleurs souhaitable de les faire sous l’égide d’une commission réunissant les principaux acteurs. Le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) le souhaite : « Le protocole de l’ANFR doit être amélioré. Il faudrait faire des comparaisons avec les anciens compteurs, ainsi que des mesures sur la durée et pas seulement à un instant T, avec des appareils en fonctionnement, et notamment des chauffages électriques », estime le Centre.

Factures : payer plus, pour plus de puissance

« Depuis l’installation de ce compteur, cela n’arrête pas de disjoncter chez moi, notamment dès que j’actionne deux appareils électroménagers simultanément, raconte Zoco dans notre forum au cours d’un débat à propos de Linky. On me dit que j’ai un abonnement insuffisant pour une maison. Cela s’apparente à de la vente forcée, non ? »

En réalité, ces désagréments signifient que l’abonnement de la maison n’était pas correctement dimensionné pour la puissance demandée, même si le disjoncteur précédent ne réagissait pas. Linky intègre son propre disjoncteur. Si la puissance demandée est supérieure à celle souscrite, il coupe.

Augmentation de 15 à 40 € par an

Pour éviter de disjoncter, il faut donc souscrire un abonnement plus puissant et plus cher : l’abonnement de base augmente de 15 à 40 € par an dans les cas les plus fréquents. Environ 2 % des clients particuliers pourraient être concernés, selon l’expérimentation menée entre 2009 et 2011, qui avait permis de repérer le phénomène.

Ajoutons que, si l’installation disjoncte, ce n’est donc pas, comme le soutiennent les opposants, parce que Linky compterait la consommation instantanée différemment (en kVA ou kilovoltampères, au lieu de kW ou kilowatts). Enedis affirme que la consommation des particuliers est bien toujours calculée en kilowatts.

Perturbations : le mystère des lampes tactiles clignotantes

Les opposants à Linky ont annoncé des pannes en série d’appareils qui – circonstance aggravante – ne seraient pas prises en charge par les assurances. Mais un an plus tard, il semble bien que la menace ne se soit pas concrétisée. Pour certains matériels, Enedis indique qu’il s’agit seulement d’un dispositif de sécurité qui s’active avec la coupure d’alimentation lors de la pose. Il suffit de le débloquer et de faire redémarrer l’appareil.

Il y a toutefois un équipement qui a clairement fait les frais de l’arrivée du nouveau compteur : les lampes tactiles, dont certaines se sont mises à clignoter ! Le ­principe de ces lampes : elles s’éteignent, s’allument ou changent d’intensité par un simple effleurement.

Les fabricants ne sont pas forcément responsables

Dans un premier temps, Enedis a mis en cause les fabricants, soutenant qu’ils ne respectaient pas la réglementation et que leurs produits empiétaient sur la bande de fréquence de Linky (entre 30 et 90 kHz). Ils portaient pourtant le marquage CE. Fin octobre, Enedis a cessé de parler de non-respect des normes. Sans avancer d’autre explication, il indiquait poursuivre les travaux avec les fabricants pour essayer de comprendre le phénomène.

Les lampes réagiraient dans certaines situations, notamment selon l’endroit où elles sont posées. Une soixantaine de cas a déjà été recensée. Enedis se disait prêt à envoyer des techniciens sur demande. Et envisageait une indemnisation des clients touchés. Le mystère reste entier, mais les personnes concernées ne doivent pas hésiter à contacter Enedis, et à nous tenir informés en cas de difficultés.

Voici venir Gazpar, le Linky du gaz

Le réseau de gaz naturel aura bientôt son compteur communicant, baptisé Gazpar. Le dispositif est en cours d’expérimentation par GRDF dans 24 communes. Son déploiement dans toute la France devrait démarrer au printemps ou à l’automne prochain et s’étaler jusqu’en 2022, avec le remplacement de 11 millions de compteurs. Gazpar utilise une radiofréquence (169 MHz) pour transmettre les données de consommation deux fois par jour à un concentrateur de quartier. La communication entre le concentrateur et le système d’information de GRDF est ensuite assurée par téléphonie mobile.

Source:60 millions

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